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Certains l'imaginent barbu, vaguement soixante-huitard et nourri au bio, d'autres le voient féminin, vêtu de bleue marine, les cheveux gris noués en chignon sévère ou encore adolescent avec un foulard de scout autour du cou. Et bien tous se trompent. Le bénévole le plus investi d'aujourd'hui n'est autre que l'actif ayant un emploi. Représentant 58 % des bénévoles , et 6 millions de personnes, les salariés engagés dans des actions de solidarité y consacrent un volume d'heures global supérieur à celui des inactifs (retraités, étudiants, personnes sans activité professionnelles). Les raisons ? Multiples ! Envie de se sentir utile, nouvelles opportunités offertes par la réduction du temps de travail, élargissement de ses compétences, de son horizon ou souhait de se joindre à une communauté d'action…
Utile à tout âge
Chez les jeunes aussi, on se sent prêt à secourir son prochain, dans la mesure … de ses moyens financiers. Le bénévolat est considéré comme un tremplin possible vers un futur emploi, comme une expérience. On n'hésite pas à se lancer dans des actions d'aide ponctuelles, le temps des vacances ou d'un projet. Premier frein à l'engagement ? La gratuité des services rendus. Car il faut bien manger et la plupart invoque la non rémunération de leur activité principale (études, formation) pour justifier leur réticence. Côté seniors, on s'investit aussi : l'inactivité, la retraite plus longue, les meilleures conditions physiques et les revenus en moyenne supérieurs au reste de la population concourent à faire d'eux de bons bénévoles potentiels... Mais apparemment, on ne se découvre pas subitement de vocation une fois retraité : la majorité d'entre eux étaient déjà volontaires auparavant. En général, les seniors s'investissent dans des activités bénévoles très proches de celles qu'ils pratiquaient pendant leur vie active.
Secteur difficile cherche bénévole motivé
Assistance aux personnes âgées et aux malades du Sida, écoute des plus désespérés… Certains secteurs subissent plus que d'autres l'érosion des volontaires. Les tâches n'y sont pas faciles et le profil des personnes recherchées par les associations plus complexe : on doit être à la fois compétent et motivé. Une alchimie moins courante et un engagement plus profond, qui rend plus valorisantes et abordables d'autres actions de solidarité, comme l'aide aux plus jeunes ou les distributions de repas en hiver.
Avec environ 20 % de bénévoles, le bilan des vocations en France n'a rien de préoccupant. Mais il pourrait encore gagner en densité et tenter de rattraper les plus avancés de ses voisins. Car si seuls 12 % d'allemands se déclaraient bénévoles en 1997, les britanniques étaient 40 % à l'affirmer, tandis que la proportion de bénévoles atteindrait 50% de la population aux Etats-Unis. Un effort supplémentaire hexagonal qui ne serait donc pas vain : en 2000, les associations manquent toujours de nouvelles recrues.
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