Août 2000


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Les alicaments : se soigner en mangeant ?

Les "aliments-médicaments" envahissent depuis quelques années les rayons des magasins. Si le concept semble séduire les consommateurs, qui avouent aimer tester ces nouveaux produits, à la fois nourrissants et bons pour la santé, la plupart ne se disent pas dupes des vertus promises sur les emballages. "Le plus important, nous rappelle Myriam Massin, diététicienne, c'est quand même de manger de façon équilibrée".


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Le goût dans toutes les bouches...

L'interview : Myriam Lys , diététicienne : "Il faut manger de tout"

Les sites à voir :


L'AFSSA

"La santé en mangeant":
le guide de l'Insep

Le dossier "Alicament"
sur Doctissimo.fr

Le centre de recherche et d'information nutritionelles


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L'alicament : produit santé ou argument commercial ?

Contraction des termes aliment et médicament, l'alicament est devenu le nouvel incontournable de l'industrie agroalimentaire. Apparus depuis quelques années dans les rayons des grandes surfaces et des épiceries, les alicaments connaissent depuis un réel succès commercial. Mais sont-ils vraiment aussi efficaces pour la santé de l'homme que leurs concepteurs veulent le faire croire ? L'alicament : nourriture du XXIème siècle ou efficace argument commercial ? Œufs aux Oméga 3, lait aux fibres, yaourts qui vous renouvellent de l'intérieur et laitage "geste santé du matin"… Le frigo a parfois tendance à prendre des allures d'armoire à pharmacie. Arrivés des Etats-Unis et du Japon, où leur succès est phénoménal, les alicaments se sont facilement implantés sur le marché français depuis une dizaine d'années. Aliments traditionnels auxquels ont été rajoutés divers nutriments, sensés aider au maintien, voire à l'amélioration de la santé de l'homme, ils ont immédiatement semblé répondre aux attentes des consommateurs, friands de nouveautés et de plus en plus préoccupés par leur "capital-santé", les scandales de la vache folle et de la listériose étant passés par là.

Réalité scientifique contestable ?

Apparus en éclaireurs, les yaourts au bifidus ont vite été rejoints par une variété de nouveaux produits. Le lait a pris du zinc et du magnésium, les œufs des acides gras. Les céréales se sont vu adjoindre des vitamines et les jus de fruits des minéraux ! Quand au sucre, le voilà récemment passé aux fibres… Le tout pour fortifier notre organisme et améliorer la qualité de notre alimentation. Mais ces vertus thérapeutiques sont-elles aussi réelles que leurs appellations alléchantes l'indiquent ? Les avis sont partagés. Les avantages présentés sont indéniables pour certains produits : la margarine sans cholestérol semble effectivement reconnue comme une innovation intéressante. Mais de l'avis de diététiciens et de médecins, certains des bienfaits avancés appartiennent plus du domaine de l'extrapolation que de la rigueur scientifique. Parfois plus riches en sucre ou en graisse que d'autre aliments de même catégorie, les alicaments conduisent même les consommateurs à ne pas toujours se faire le bien qu'ils croient.

Imprécisions et raccourcis

La légèreté des preuves médicales avancées, l'imprécision des avantages procurés ou les raccourcis abusifs contribuent aussi à décrédibiliser le propos. Alors qu'ils sont surtout adaptés aux besoins spécifiques de publics particuliers, carencés en nutriment ou traversant une période où les apports peuvent être conseillés (personnes âgées, femmes enceintes), les alicaments s'adressent à tous et ne mentionnent que rarement la cible pour laquelle ils seraient vraiment utiles. Enfin, véritable plus-value, l'argument médical a aussi pour effet d'augmenter considérablement le prix de ces produits. Elaborés pour améliorer à grande échelle la santé humaine, les alicaments pourraient paradoxalement conduire à augmenter la confusion du consommateur face à son alimentation. Le recours généralisé à des aliments vantés comme meilleurs pour l'organisme ne risque-t-il pas de faire oublier qu'une alimentation saine pour le corps passe avant tout par une nourriture équilibrée, fournissant à elle seule tous les éléments et nutriments indispensables. Une règle simple, dont l'efficacité scientifique n'a pas besoin d'être prouvée.


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Le reportage : Le goût dans toutes les bouches...
L'interview : Myriam Lys , diététicienne : "Il faut manger de tout"

 

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