Expédition à la BNF

(Faute d'appareil adéquat pour l'instant, il manque les photos illustrant cet article.)

Ca n'a l'air de rien une visite à la BNF. Pourtant, c'est très fatiguant. Physiquement et nerveusement. D'un côté vous avez accès à l'une des plus belles bibliothèques jamais réalisée, luxueuse et riche d'un magnifique fond documentaire et de l'autre vous pénétrez dans le plus absurde bâtiment jamais construit. Encore que je ne connaisse pas tout, bien sûr. Visite guidée depuis votre arrivée au pied des marches jusqu'à votre place assise.

 

Chapitre 1 : la montée des marches

Il m'avait semblé, alors qu'elle sortait doucement de terre, que les marches de bois étaient plus foncées. En y posant mon premier pied ému, lorsqu'elle fut enfin finie, je compris avec un pincement au cœur que le bois d'ipé utilisé pour faire cette estrade géante où s'enfonçaient les quatre tours ne reprendrait plus jamais ses beaux tons chauds initiaux et conserverait définitivement cet aspect un peu terne. Tant pis, le bois resterait gris et ressemblerait désormais aux pontons des bateaux de plaisance dans les ports de la côte d'Azur lorsque le soleil les touche. Un lot de consolation finalement acceptable.

Avec les premières pluies, ont commencé les premières chutes. D'éminents spécialistes de la glissade sur bois furent conviés à pallier cette agaçante malfaçon. Après mûre réflexion, le choix porta pour l'installation de bandes rugueuses incrustées dans le sol, selon un tracé réglementaire aux rigoureux angles droits (et que l'on serait prié, comme indiqué par ci par là, de suivre en cas d'intempéries). La recommandation n'est pas à prendre à la légère. Hors du chemin garni de ces curieuses languettes de papiers de verre, point de salut : toute déviation impromptue condamne immédiatement l'impétrant à la chute.

Un conseil cependant avant de se lancer d'un pas trop sûr à l'assaut du chemin anti-glissade. Les concepteurs de la bibliothèque ont prévu un petit espace, résolument casse-gueule et absolument dénué de la moindre protection utile. Le promeneur prendra soin en effet de franchir avec la plus grande prudence les surfaces métalliques situées entre les bosquets d'arbres, qui bordent l'esplanade. Cette zone se révèle en effet particulièrement glissante quand elle est mouillée. Deux solutions se présentent au visiteur. Il peut, ou franchir d'une seule enjambée cette partie métallique, au moyen d'un très grand pas de 4 mètres d'envergure ou avancer à vitesse mesurée en s'accrochant aux feuilles des arbres qui sortent de leur cage. Qu'on se rassure : ces arbres sont soigneusement protégés de toute velléité de fuite grâce à leur cage de fer individuelle, qui les enrobe de la racine à la cîme.

Bien préparé, on peut donc éviter les chutes. Au moins sur l'esplanade. Pour les marches, par grand vent ou forte pluie, l'option la plus sûre consiste à suivre les morceaux de rampes, dispersés sur les marches comme s'ils avaient été saupoudrés depuis le haut des quatre tours. Une fois gagné le sommet, la vue sur la Seine est magnifique. On peut songer à faire une pause. Le reste de la visite est plus fatiguant.

 

Chapitre 2 - Le hall d'entrée et les salles de lecture
Chapitre 3 - Le niveau chercheur
Chapitres parallèles

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